L’EGLISE SAINT-JULIEN-DE-BRIOUDE DE MAROLLES-en-BRIE

Ce bâtiment, classé Monument Historique le 24 avril 1909, est la plus ancienne église du Val-de-Marne. Sa longueur totale est de 35,50 m, sa largeur de 6,75 m (7,85 m dans la partie du XVIIIe), sa hauteur sous voûte de 7 m et la hauteur des colonnes de 3,80 m.

Fondée au IXe siècle, agrandie à la fin du XVIIIe, l’église prend l’aspect que nous lui connaissons actuellement. Le mobilier (fonts baptismaux, bancs…) est daté de 1774, mais le sol a été nivelé en partant de la porte d’entrée… et les pieds des colonnes ont été enfouis.

Au IXe siècle existait une petite chapelle, desservie par trois moines du prieuré de Saint-Arnoult ; il en subsiste le mur nord, de 1,30 mètre d’épaisseur, monté en pierres posées en « opus spicatum » (arêtes de poisson).

Au cours des travaux effectués par les Amis de Marolles pour retrouver le sol d’origine - à la demande de Messieurs Jean Verrier, inspecteur général des Monuments Historiques, et Albert Chauvel, architecte en chef alors en charge du département - ont été trouvés, à environ 1 mètre de profondeur, le sol en briques posées en chevron, et le soubassement du chœur. Ainsi a pu être exécuté un relevé du plan de cette chapelle carolingienne dont le tracé a été recréé par la pose de tuileaux de briques anciennes lors de la réfection du sol en 1979.

1087 Avec l’assentiment d’Yves de Mello, architecte de Brie-Comte-Robert et prieur de Marolles, la chapelle est remise à l’évêque de Paris, Geffroy.

Au cours du XIe siècle la partie basse du clocher est construite, avec une tourelle extérieure de forme cylindre conique, contenant l’escalier à vis.

1117 L’évêque de Paris, Guibert, remet la chapelle de Marolles aux moines de Saint-Martin-Des-Champs, avec mission d’y bâtir une église.

1120 Louis VI le Gros en confirme la donation.

1125 Six moines du prieuré de Saint-Martin-Des-Champs sont envoyés à Marolles. Exploitant deux fermes et avec l’aide des habitants du village qui ne comptait alors que 36 feux, les moines construisirent les bâtiments constituant le prieuré ancien et l’église qui seront dédiés à Saint-Julien-De-Brioude (plusieurs chapelles de Paris ont eu pour patron Saint-Julien-Le-Martyr, évêque de Brioude).

De cette époque datent le chœur, les absidioles et le clocher définitif.

A l’intérieur, vous pouvez admirer :

- Le chœur, à deux travées terminées par une abside en cul-de-four voûtée sur branches d’ogive et percée de trois fenêtres romanes.

- Le nouvel autel, installé en mai 2008, oeuvre du sculpteur Vincent Guiro qui a déjà réalisé entre autres le Maître Autel de Créteil, le Baptistère de Nogent. Sa taille modeste, la couleur de sa pierre qui se rapproche de celle du sol, sa forme, qui rappelle "en miroir" la convexité de la voûte, lui permettent de s'insérer harmonieusement dans le choeur.

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- Les deux travées, recouvertes de voûtes portées sur des croisées d’ogive. Chaque travée et l’abside sont séparées par un arc en plein cintre.

- Les chapiteaux des colonnes, ornés de sculptures variées : fleurs, fougères, palmes, animaux, monstres bicéphales, têtes à deux corps, anges cravatés d’ailes, Eve, Jonas et sa baleine, entrelacs, guirlandes… en tout plus de 40 motifs ont été sculptés. Voyez ici un album complet.

- Les emmarchements, en pierres posées sur champ, scellées par un mélange de chaux et de marne.

- Les lavabos, dans le chœur et dans l’absidiole sud.

Un bas relief en albâtre : le Baptême du Christ, datant du XVIe siècle et provenant de la chapelle Saint-Jean-Baptiste du hameau de Grosbois, démolie au milieu du XVIIe siècle.

- Un Christ en croix en bois polychrome du XVIIe siècle restauré par le regretté M. Lucien Toulouse.

- Un vitrail, le Bon Pasteur,  œuvre réalisée en 1944 par le peintre Albert Martine. d’après un carton de Maurice Denis au XXe siècle.

- Les fonts baptismaux en pierre, datant de 1774 ; ils sont doublés d'une cuve en étain, don de notre association en janvier 2000.

- Ainsi que le « Trésor » découvert lors des fouilles des Amis de Marolles au cours des années 1970, présenté dans deux vitrines de part et d’autre du chœur.

Un passage de l’absidiole nord au chœur semble avoir existé, à une hauteur telle qu’on peut supposer qu’il servait d’accès à une chaire à prêcher.

L’absidiole nord a été détruite vers 1870. Elle servait de sacristie (une lettre datée de 1869 a été adressée par le prêtre à la municipalité pour lui signaler qu’il pleuvait dans les placards).

L’absidiole sud, en cul-de-four également, est parfaitement conservée grâce aux travaux entrepris par les Amis de Marolles dès 1969.

A l’extérieur, vous pouvez admirer :

- Le porche, surmonté d’une statue en bois du sculpteur Jacob. En 1945, une kermesse a été organisée pour  « l’érection d’une statue à Notre-Dame, en souvenir de l’heureuse libération du pays ».

- Le clocher carré, avec ses contreforts et sa tourelle d’escalier. Ces parties peuvent être admirées dans toute leur splendeur depuis le parc de la propriété voisine « le Prieuré », et cette beauté ne fait que plus regretter la disparition de l’absidiole nord au XIXe siècle.

- L’absidiole sud, couverte d’un toit de pierre surmontée d’une croix à double cercle concentrique.

Rare spécimen dans notre région, qui garde encore tout son mystère.

- Les modillons, tout autour du haut de l’abside, dont un indique le nord.